Vers une Nouvelle Santé...



A
vec l'arrivée de l'Ere Nouvelle
l'être humain saisit les Trésors de la Terre

et leur utilisation pour le maintien en bonne Santé.


S'ils s'adaptent à l'immense Mouvement des Courants Vitaux sacrés,
alors les êtres humains retrouveront la Santé.


L'Art de la Santé
consiste notamment à trouver

la Force de Guérison dans toutes les plantes.

La Santé Naturelle, ça s'apprend ... Naturellement!

Le véritable Art de Guérir ne s'apprend pas.

S'installer sur une Hauteur peut aider à retrouver la Santé.

Vivre en plein air confère Fraîcheur et Santé.

"Fais du bien à Ton corps
pour que Ton âme ait le désir d'y demeurer..."

- Proverbe Indien -



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Découvrez les Lois et les Principes de L'Art de Vivre Naturellement en Bonne Santé!
27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 14:57
Celui dont l’âme a été nourrie…

Eloge de la Frugalité 1/2

«Celui dont l’âme a été nourrie n’a pas besoin de nourrir son corps

- Jésus de Nazareth, dans «Le Livre de Jésus, l’Amour de Dieu». -

 

«Ne cherchez pas la Santé, mais recherchez la Vérité,
et la Santé vous sera donnée par surcroît. – Dr H. M. Shelton[1] -

«Pour atteindre à la Vérité, il faut, une fois dans sa vie, se défaire de toutes les opinions que l’on a reçues, et reconstruire à nouveau et dès le fondement tout le système de ses connaissances».  René Descartes

«Ton Cœur doit être comme un Jardin secret… Garde-le plus que toute autre chose que l’on garde ; car c’est de lui que procèdent les Sources de la Vie  -  (Bible - Proverbes VI, 23) -

«La vie n'est pas courte, c'est nous qui l'abrégeons.» - Sénèque (Auteur latin) –

«Un tiers de la nourriture que nous absorbons sert à nous nourrir; les deux autres tiers servent à nourrir … les médecins!» - Proverbe égyptien retrouvé gravé sur les murs des pyramides -

«L’on creuse sa tombe avec ses dents.»  - Proverbe -

«Depuis que je suis sobre, j’ai toujours été sain» – Luigi Cornaro, auteur vénitien -

«Qui mange peu, mange beaucoup– Luigi Cornaro –

«Voulez-vous que le Verbe et la Force du Dieu vivant puissent se déverser à flots en vous? Dans ce cas ne salissez ni ne profanez votre corps ou votre esprit, car le corps est le Temple de l’Esprit et l’Esprit est le Temple de Dieu. Purifiez le Temple afin que le Maître du Temple puisse y demeurer et y trouver un Lieu digne de Lui.»
- évangile de Jésus-Christ par le Disciple Jean -.

«Dieu ne vient pas demeurer dans un tabernacle malpropre ni dans un temple bâti de main d’homme.» - Hanisch –

«La fin de toutes choses est proche. Soyez donc sages et sobres, pour vaquer à la Prière  - épître de Pierre IV - 7.

 

Est-il indispensable de manger?

Question provocatrice? Pourtant, il nous faut déjà constater que, malade, l’animal de mange plus. C’est une première évidence. C’est son instinct qui lui dicte ce qu’il doit faire et cet instinct lui dit de jeûner jusqu’à ce qu’il soit guéri ou … mort! (Ce qui est aussi une forme de guérison…) Au cours du jeûne se trouve activé au maximum le processus de régénération et de guérison

Des bienfaits de la Sobriété

«Imaginons un paradis médical terrestre, une société où il n'y aurait plus de crises cardiaques, où les cancers seraient inconnus. Imaginons un monde où tous les maux qui frappent notre société moderne auraient pratiquement été éliminés. Ce paradis existe à l'heure actuelle. C'est le pays des Hounzas, c'est la Vallée des Centenaires en équateur, ce sont les Mormons à Salt Lake City. Ces populations vivent essentiellement de produits naturels et mangent modérément. Elles ne connaissent pas la maladie. »

Dr J.P. Willem, ancien assistant du Dr Schweitzer, in «Le secret des peuples sans cancer».

Santé = Sobriété.

Sobriété = Santé.

Léonard Lessius, savant jésuite du XVIème  siècle, habitant Louvain, s'était enthousiasmé pour les préceptes de Louis Cornaro (voir ci-dessous); après en avoir fait l'expérience sur lui-même, il écrit dans son renommé ouvrage « Hygiasticon ou méthode de conserver la vie et la santé jusques dans la vieillesse la plus avancée»:

«Quiconque mange et boit dans une telle mesure que son esprit se trouve par là hors d'état de s'acquitter de quelques-uns des devoirs de sa vocation, il se nourrit trop, il doit se retrancher. Et si, dans un travail purement corporel, il se trouvait actif et vigoureux avant le repas, mais qu'après le repas, au contraire, il se sentît las et pesant, ce serait, de même, une marque infaillible qu'il aurait donné dans l'excès; car si l'on mange et si l'on boit, c'est pour réparer les forces du corps et non pour l'accabler

C'est encore le même enseignement que, dans son «Télémaque», le célèbre écrivain français Fénelon énonce à plusieurs reprises par la bouche du «subtil et frugal» Mentor:

«Quelle honte que les hommes les plus élevés fassent consister leur grandeur dans les ragoûts, par lesquels ils amollissent leurs âmes et ruinent insensiblement la santé de leur corps...»

«La Sobriété rend la nourriture la plus simple très agréable. C'est elle qui donne, avec la santé la plus vigoureuse, les plaisirs les plus constants... C'est un art pour empoisonner les hommes que celui d'exciter leur appétit au-delà de leur vrai besoin.»

«Je crois même que vous devez prendre garde à ne laisser jamais le vin devenir trop commun dans votre royaume. Si l’on a planté trop de vignes, il faut qu'on les arrache ; le vin est la source des plus grands maux parmi les peuples ; il cause les maladies, les querelles, les séditions, l'oisiveté, le dégoût du travail, le désordre des familles. Que le vin soit donc réservé comme une espèce de remède, ou comme une liqueur très rare, qui n'est employée que pour les Sacrifices ou pour les Fêtes extraordinaires. Mais n'espérez point de faire observer une règle si importante si vous n'en donnez vous-même l'exemple.»

«C'est une honte pour les hommes qu'ils aient tant de maladies, car les bonnes mœurs produisent la Santé. Leur intempérance change en poisons mortels les aliments destinés à conserver la vie. Les plaisirs, pris sans modération, abrègent plus les jours des hommes que les remèdes ne peuvent les prolonger. Les pauvres sont moins souvent malades, faute de nourriture, que les riches ne le deviennent pour en prendre trop. Les aliments qui flattent trop le goût, et qui font manger au-delà du besoin, empoisonnent au lieu de nourrir. Les remèdes sont eux-mêmes de véritables maux qui usent la nature, et dont il ne faut se servir que dans les pressants besoins. Le grand remède, qui est toujours innocent et toujours d'un usage utile, c'est la Sobriété, c'est la tranquillité de l'esprit, c'est l'exercice du corps. Par là, on fait un sang doux et tempéré, l’on dissipe toutes les humeurs superflues.»

 Histoire résumée d’un centenaire hors normes

Louis Cornaro, noble vénitien, écrivit quatre discours sur la vie sobre, le premier à quatre-vingt cinq ans, le second à quatre-vingt-six ans, le troisième à quatre-vingt-onze ans et le quatrième à quatre-vingt quinze ans.

Son grand et simplissime principe était le suivant:

De la Sobriété dépend la Longévité!

À l’époque de Luigi Cornaro, les idées relatives à la santé, la nutrition et la longévité étaient plutôt confuses; le mérite de Cornaro, qui parvint à prolonger son existence, en n'ayant recours qu'à des moyens inspirés par la Nature et la Tempérance, n’en est que d’autant plus grand. Ce Vénitien,  grâce à un régime des plus simples mais très rigoureux, de par la l’exemplaire persévérance qu'il mit à le suivre, parvint à prolonger sa vie jusqu'à un âge très avancé, et, tout en recevant lui-même les bons fruits de son comportement, donna à la postérité un très instructif exemple. Jusque vers sa quarantième année, il avait mené une vie fort dissolue, ce qui le faisait constamment souffrir de coliques, de douleurs dans les membres et de fièvre. Pour finir, il était réduit à un tel délabrement de sa santé que les médecins assurèrent alors qu'il ne lui restait plus guère que deux mois à vivre. Ils avaient renoncé à lui prescrire des médicaments, et le seul moyen qu'ils lui conseillaient encore était un sévère régime. Il suivit ce conseil, et, au bout de quelques jours, éprouva un peu d'amélioration. Un an après, non seulement il était complètement guéri, mais même il se portait mieux qu'il ne s'était jamais porté. Il décida alors de réduire encore sa quantité de nourriture, et de ne consommer que la quantité d'aliments absolument indispensables pour subsister.

Pendant soixante années il ne prit, chaque jour, que douze onces (384 grammes) d'aliments solides, et treize onces (428 grammes) de boissons. En outre, il évita de trop s'échauffer, de se mettre en situation d’éprouver des émotions trop vives. À l'aide de ce régime constant et toujours pondéré, non seulement il maintint son corps mais aussi son esprit dans un état d'équilibre tellement stable que rien ne pouvait le déranger.

À un âge déjà fort avancé, il perdit un important procès, ce qui fit mourir de chagrin deux de ses frères, mais il demeura lui-même sain et dispos. Puis une voiture dans laquelle il se trouvait se renversa et, atteint par les chevaux, il eut un bras et un pied démis; il fit alors réduire ses luxations, et, sans autre traitement, en peu de temps, se rétablit. Mais ce qui est sans doute le plus remarquable et le plus instructif de l’histoire, et ce qui prouve le danger de s'écarter, si peu que ce soit, d'une habitude contractée depuis longtemps c'est que Cornaro, âgé de quatre-vingts ans, fut pressé par ses amis qui s’imaginaient qu’à son âge il avait besoin d'un régime « plus fortifiant » et qu’il lui fallait prendre une quantité d'aliments nettement plus importante. Pour lui, il était, tout au contraire, convaincu que le pouvoir digestif décroît en même temps que le reste des forces et qu'en vieillissant mieux vaut diminuer son régime plutôt que de l'augmenter.

Pourtant il céda et porta ses aliments solides à quatorze onces et ses boissons à seize.

«À peine», dit-il, «avais-je mené ce genre de vie pendant dix jours que je commençai à perdre mon entrain et ma gaieté et à devenir pusillanime, grincheux et insupportable pour les autres et pour moi-même. Le douzième jour, je fus atteint d'une douleur au côté, qui persista durant vingt-quatre heures, et bientôt d'une fièvre, qui dura, pendant trente-cinq jours, et fut telle, que l'on crut mes jours en danger. Heureusement, grâce à Dieu, et en reprenant mon premier régime, je me remis, et suis maintenant, à l'âge de quatre-vingt-trois ans, dans l'état le plus gaillard du corps et de l'esprit. Je monte à cheval sans escabeau, je gravis des pentes rapides, et, il y a peu de temps, j'ai composé un vaudeville, plein de gaieté et d'innocente malice. Quand je rentre à la maison, revenant du sénat ou de mes affaires privées, j'y trouve onze de mes petits-enfants, dont l'éducation, les chants, les jeux sont la joie de ma vieillesse. Souvent je me mets à chanter avec eux, car ma voix est plus claire et plus nette qu'elle ne l'était dans ma jeunesse, et je suis tout à fait exempt des infirmités et de l'humeur maussade, qui sont si souvent le lot des vieillards».

C'est dans cet état de béatitude, qu'il atteignit jusqu'à sa centième année.

L’enseignement de Luigi Cornaro

Alors qu’à l’âge de trente-cinq ans il était déjà condamné par ses médecins à vivre une courte vie de malad{i}e, à partir du moment où il commença à appliquer ses bons principes de vie sobre il ne fut plus jamais malade et atteint un âge fort avancé, quatre-vingt dix-neuf ans selon certains de ses biographes, cent ou cent-un selon d’autres et même cent-cinq, selon encore d’autres…

«J’ai», déclara-t-il, «toujours été sain, depuis que je suis sobre». En une journée il ne mangeait donc que douze onces, soit 384 grammes, de nourriture solide et ne buvait que quatorze onces, soit 428 grammes de liquide.

Louis Cornaro fut ainsi un homme non seulement sain de corps mais aussi d’esprit, c’est-à-dire lucide. Il disait:

«Ce qui excède la quantité nécessaire pour nous nourrir est un levain de maladie et de mort. Combien ai-je vu périr de gens, à la fleur de l’âge, par la malheureuse habitude de trop manger. Rien n’est plus raisonnable que de souhaiter une longue vie. Plus nous avançons en âge, plus nous acquérons d’expérience. Je veux rendre service au public en expliquant quels ont été les motifs qui m’ont fait renoncer à la débauche pour suivre la vie sobre, et de quelle manière je l’observe et quel profit j’en tire.»

Sous le titre: "Conseils pour vivre longtemps", il composa donc quatre petits traités où il exposa le fruit de sa propre expérience; le style alerte et vigoureux de chacun d'entre eux montre toute la verdeur d'esprit de cet aimable vieillard.

Histoire plus détaillée de Luigi Cornaro

Louis Cornaro est né à Venise en 1467 et s’il est vrai qu’il mourut à Padoue en 1568, alors cela fut à plus de cent ans. Il nous raconte que, dans sa jeunesse, il s'était livré, selon la coutume des nobles de son temps, à toutes sortes d'excès, si bien – ou plutôt si mal! - que sa constitution délicate en avait été fortement ébranlée et qu'il était tombé très gravement malade; à 35 ans sa santé était si compromise que les médecins, désespérant de lui, le déclarèrent irrémédiablement perdu. Il souffrait alors d’intolérables douleurs d'estomac, de violentes coliques, d'accès goutteux avec fièvre lente, qui le minaient, le conduisant, d'une marche rapide et sûre, au bord de la tombe. Seule une vie sobre et réglée, au dire de son médecin de famille, aurait eu des chances d'enrayer sa précoce  décrépitude; Cornaro, se voyant ainsi condamné à une fin prématurée, eut un sursaut de volonté et, de radicale manière, rompit avec ses errements physiques et moraux; il quitta la compagnie des jeunes nobles frivoles et débauchés pour vivre selon les lois de la plus austère Sobriété; le résultat de cette nouvelle façon de vivre ne se fit pas longtemps attendre. Cela fut quasi merveilleux et se manifesta par un regain de vie, de force et de santé et, partant, aussi de Bonheur.

Cette radicale transformation ne s'accomplit, toutefois, pas sans efforts:

«Lorsque je suis parvenu à un âge mûr, je me suis entièrement voué à la Sobriété. Il est vrai que ce ne fut pas sans peine que je pris cette résolution et que je renonçai à la bonne chère. Je commençai par prier Dieu de m'accorder la tempérance et me mis fortement en tête que, quelque difficile que soit une chose que l'on veut entreprendre, l’on en vient à bout quand l’on persévère à vaincre ce qui s'oppose à son exécution. Ainsi je déracinai mes mauvaises habitudes et j'en contractai de bonnes, en sorte que je me suis accoutumé à une vie d'autant plus austère et frugale que mon tempérament était devenu fort mauvais lorsque je la commençai.»

C'est alors qu'il prit pour devise: «Qui mange peu, mange beaucoup», devise qu’il appliqua donc durant de longues années.

Il avoue encore que dans sa jeunesse il était «bilieux, de tempérament déréglé, prompt et colère»; mais nous apprenons aussi de la bouche de sa petite-nièce qu'à la suite de ce changement de vie, il eut « assez de pouvoir sur lui-même pour vaincre la colère et les emportements auxquels il était sujet ». Or, il est de vérité notoire qu'il n'y a pas de pire poison moral et physique que la colère, la jalousie et l'envie; ces passions délétères sont non seulement nuisibles à l'âme et à l'esprit, mais elles ont encore, par répercussion (voir «Une Révolution dans l’Art de Guérir»), un effet des plus pernicieux sur la santé physique.

Le Docteur édouard Dewey dit la même chose:

«La colère est le chaos mental et moral; c'est une folie passagère; c'est la rancune soulevée en tempête et les natures sensibles et excitables ont le plus besoin d'une ample provende de santé pour mieux refréner ces tempêtes humaines.»

Cornaro, guidé de même par une intuition saine et sûre, avait fini par réaliser qu'il n'y a pas de santé possible sans un grand calme, une profonde paix et une parfaite sérénité de l'âme.

Il disait :

«Je suis né fort bilieux et, par conséquent, fort prompt; je m'emportais autrefois pour le moindre sujet, je brusquais tout le monde et j'étais si insupportable que beaucoup d'honnêtes gens évitaient de me fréquenter. Je m'aperçus du tort que je me faisais; je connus que la colère est une véritable folie, qu'elle nous trouble le jugement, qu'elle nous emporte hors de nous-mêmes et que la seule différence entre un homme qu'elle possède et un fou furieux est que celui-ci a perdu l'esprit pour toujours, et que l'autre ne le perd que par intervalles. La vie sobre m'a guéri de cette frénésie; par son secours je suis devenu si modéré et tellement maître de cette passion que l'on ne s'aperçoit plus qu'elle soit née avec moi.»

Cornaro nous apprend comment, à l'âge de 70 ans, il fit, de façon involontaire, une intéressante expérience, qui lui démontra l'excellence de son système de vie; lors d'une promenade en campagne, les chevaux s'étant emballés, sa voiture se renversa et il fut traîné assez loin avant que l'on pût les arrêter.

«L’on me retira de dessous mon carrosse, la tête cassée, un bras et une jambe démis, enfin dans un état pitoyable.»

Les médecins consultés ne lui donnaient pas trois jours de vie et voulaient le fortifier par des drogues violentes et une nourriture copieuse; il s'y refusa, car, dit-il:

«J'étais si certain que la vie réglée que je menais depuis longtemps m'avait empêché de contracter des humeurs dont je dusse craindre le mouvement que je m'opposai à leur ordonnance. Je fus bientôt guéri au grand étonnement des médecins et de tous ceux qui me connaissaient. J'infère de là que la vie réglée est un excellent préservatif contre les maux qui arrivent naturellement et que la débauche produit des effets contraires.»

Notons ici le très important mot de «humeurs». Essayons de comprendre ce que veut dire ici Luigi Cornaro. Quelles sont ces humeurs? Les humeurs sont des liquides qui jouent un rôle dans le corps humain. Par exemple, la bile est une humeur; à chaque humeur correspond un tempérament. L’atrabilaire est celui qui «se fait de la bile». Celui qui se fait de la bile sera souvent de mauvaise humeur… La lymphe, correspondant au tempérament lymphatique est une autre humeur.

Mais, si les humeurs existent déjà dans le corps, comment est-il possible de «contracter des humeurs»? Et qu’est-ce que des humeurs qui ont un «mouvement»? Et pourquoi craindre de tels mouvements? Certes, l’on parle de «mouvement d’humeur», mais le mouvement dont il est ici question provient de la personne en proie à une mauvaise humeur; ce n’est pas le mouvement de l’humeur elle-même. Comment une humeur pourrait-elle se mettre en mouvement?

Tout simplement par la connexion au démon correspondant. Prenons, par exemple, le cas de quelqu’un qui dit: «celui-ci il commence à me chauffer la bile»; voilà un mouvement non seulement d’humeur correspondant à une colère montante mais même de l’humeur. Dit de cette manière, l’humeur ne se réfère plus seulement ici au liquide organique mais à l’entité capable de la mettre en mouvement, c’est-à-dire le démon de la colère, né de la propre colère du coléreux, et qui se manifeste, dans son corps, par l’intermédiaire de sa bile.

à 78 ans, sur le conseil de médecins, ses amis, Luigi Cornaro fit encore une désastreuse expérience, qui faillit, cette fois, lui coûter la vie. Ces escogriffes, imbus de leurs théories sur les rations alimentaires, trouvant que le régime de leur ami était trop frugal et insuffisant, le persuadèrent, à force d'arguments scientifiques, d'augmenter sa nourriture de quelques onces par jour pour «se fortifier». Au lieu de 12 onces (330 grammes) de solides et de 14 onces (392 grammes) de liquides, il porta respectivement ces quantités à 14 et 16 onces; bien qu’il s’agît là d’une relativement faible augmentation, le résultat ne se fit pas longtemps  attendre; au bout de douze jours il tomba si gravement malade que l'on crut sa dernière heure venue; l'expérience a une telle importance que cela vaut le coup de la citer telle qu'il la raconte lui-même:

«Cette augmentation de nourriture me fut si funeste, que, de fort gai que j'étais, je commençai à devenir triste et de mauvaise humeur; tout me chagrinait, je me mettais en colère pour le moindre sujet, et l'on ne pouvait vivre avec moi. Au bout de 12 jours j'eus une furieuse colique, qui me dura 24 heures, à laquelle succéda une fièvre continue, qui me tourmenta 35 jours de suite et qui, dans les premiers jours, m'agita si cruellement qu'il me fut impossible, pendant tout ce temps-là, de dormir l'espace d'un quart d'heure. Il ne faut pas demander si l'on désespéra de ma vie et si l'on se repentit du conseil que l'on m'avait donné: l’on me crut plusieurs fois prêt à rendre l'âme; cependant je me tirai d'affaire, quoique je fusse âgé de soixante-dix-huit ans, et que nous fussions dans un Hiver plus rude qu'il n'a coutume de l'être sous notre climat. Rien ne me tira de ce péril, que le régime que, depuis longtemps, j'observais. Il m'avait empêché de contracter de mauvaises humeurs dont sont accablées, dans leur vieillesse, les personnes qui n'ont pas pris la précaution de se ménager quand elles sont jeunes. Je ne me trouvai point le vieux levain de ces humeurs, et n'ayant à combattre que les nouvelles engendrées par cette petite augmentation d'aliments, je résistai et surmontai mon mal, malgré toute sa violence.»

Ici un moment de commentaire: De nouveau, Luigi Cornaro parle de ses «humeurs». Il semble penser qu’un régime alimentaire peut suffire à empêcher de «contracter de mauvaises humeurs» ou, au contraire, en engendrer. Au sens précédemment défini où les humeurs sont en relation avec les démons cela n’est pas exact. Le régime alimentaire ne peut avoir d’influence spirituelle ou même animique directe; il peut seulement, dans un sens ou dans l’autre, préparer le terrain à l’esprit.

Cornaro poursuit:

«L’on peut juger, par cette maladie et par ma convalescence, ce que peuvent sur nous le régime qui me préserva de la mort et la réplétion qui, en si peu de jours, me mit à l'extrémité.»

Cornaro déplore que, pour les êtres humains de son siècle, «la profusion des mets» soit à la mode. Cette profusion passant pour le signe de la magnificence, de la générosité et de la grandeur, tandis que la frugalité est synonyme de petitesse, d'avarice». II revient, à plusieurs reprises, sur cette idée, car il y voit une importante cause de la généralisation de l'intempérance:

«Cette erreur nous a tellement séduits qu'elle nous fait renoncer à une vie frugale, enseignée par la Nature dès le premier âge du monde, et qui conserverait nos jours, pour nous jeter dans des excès qui en abrègent le nombre. Nous sommes vieux, sans avoir pu goûter le plaisir d'être jeunes : le temps qui ne devrait être que l'été de la vie, est souvent le commencement de son Hiver. L’on s'aperçoit que l'on n'est plus si robuste, l’on sent les approches de la caducité, l’on décline avant d'être arrivé à sa perfection. Au contraire, la Sobriété nous maintient dans l'état naturel où nous devons être: nous sommes jeunes plus longtemps, l'âge viril est accompagné d'une vigueur qui ne commence à diminuer qu'après beaucoup d'années. Il faut le cours d'un siècle pour former des rides et des cheveux blancs. Cela est si vrai, que, lorsque la volupté avait moins d'empire sur les hommes, ils avaient, à quatre-vingts ans, plus de force et de vitalité, qu'ils n'en ont présentement à quarante.»

Et c'est encore par un hymne enthousiaste à la Sobriété qu'il termine son premier discours:

«Ô sainte et salutaire Sobriété! Puissant secours de la Nature! Nourrice de la Vie! Véritable Médecine du corps et de l'âme! Combien l'être humain doit-il Te donner de louanges, et sentir de reconnaissance de Tes bienfaits, puisque Tu lui fournis les moyens de gagner le Ciel, et de conserver sur la Terre sa vie et sa santé!»

Cet alerte centenaire tient particulièrement à répondre à l'objection des viveurs et de toutes les personnes esclaves des jouissances matérielles, estimant qu'il vaut mieux vivre dix ans de moins (ou plus!) et ne pas se priver de ce qu'ils pensent être les seuls vrais biens terrestres. Voici la réponse de Cornaro, laquelle n'a certes rien perdu de son actualité:  

«Hélas! Ils ne connaissent pas le prix de dix années d'une vie saine dans un âge où l'homme peut jouir de toute sa raison et profiter de toutes ses expériences, dans un âge où l'homme peut, par sa sagesse et par sa conduite, véritablement paraître homme, enfin dans un temps où il est en état de recueillir les fruits de ses études et de ses travaux.

Pour ne parler que des sciences, il est certain que les meilleurs livres que nous avons ont été composés dans ces dix dernières années que les débauchés méprisent ; et que les esprits se perfectionnent à mesure que les corps vieillissent ; les sciences et les arts auraient beaucoup perdu, si tous les grands nommes avaient abrégé leurs jours de dix ans

Enfin, dans une belle envolée lyrique, il célèbre, en son quatrième discours, composé à 95 ans, les bienfaits et les jouissances qui sont la récompense d'une vie sage, saine et sobre:

«Je jouis donc parfaitement de cette vie mortelle, grâce à la Sobriété qui est infiniment agréable à Dieu, parce qu'elle est la protectrice des Vertus et l’irréconciliable ennemie des vices; et je jouis par anticipation de la Vie éternelle, en pensant si souvent au Bonheur dont elle doit être accompagnée que je ne songe quasi plus à autre chose. J'envisage la mort comme un nécessaire passage pour arriver au Ciel

«II n'y a personne qui ne puisse espérer une semblable Félicité, s'il veut vivre comme moi ; car, enfin, je ne suis ni un saint ni un ange; je suis un homme, et le serviteur d'un Dieu, à Qui la vie réglée est si agréable qu'Il récompense dès ce monde ceux qui la pratiquent.»


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