Le véritable Art de Vivre Sainement & Naturellement
Le tabagisme passif, ou le tabagisme environnemental, est une notion qui date d'un siècle avec la création du Comité National Contre le Tabac en France, en 1868. Toutefois, la première étude connue menée sur des graves pathologies (cancers du poumon) dues au tabagisme passif date de 1981.
Les implications sur la santé du tabagisme passif font désormais le sujet de nombreuses études et, toutes s'accordent pour affirmer que la dangerosité provient du cumul des durées d'exposition. Les personnes les plus en danger sont donc les personnes vivant ou travaillant aux côtés d'un (de) fumeur(s) dans un espace fermé, même régulièrement aéré. Car les substances toxiques et les goudrons se déposent et s'incrustent partout. Cela se constate dans tous les lieux fumeurs pour lesquels la fréquence et les coûts de nettoyage sont particulièrement élevés. Sur certaines surfaces, tels que les plexiglas, ces substances sont indélébiles.
De même, la fumée s'incruste dans les tissus corporels, la peau et les cellules, qu'ils appartiennent à un fumeur ou à un non fumeur. En France, le tabagisme passif est estimé responsable de 3.000 à 5.000 décès annuels en France, soit de 8 à 13 décès/jour! (chiffres à comparer aux 66 000 décès annuels, directement imputables au tabac, de fumeurs ou d'anciens fumeurs). C'est ainsi que le tabagisme passif régulier, chez l'adulte, accroît l'incidence d'apparition des pathologies suivantes: cancers du poumon (5% liés au tabagisme passif); accidents coronariens (2000 décès annuels dus au TB.2.) ; accroissement de la fréquence, de la durée et de l'intensité des crises d'asthme. Enfin, certains fumeurs passifs sont touchés par des pathologies graves qui apparaissent chez les fumeurs pour 95 % des cas.
Pour des raisons hormonales, les femmes sont plus rapidement et intensément dépendantes à la cigarette et aux substances qu'elles contiennent. Aujourd'hui, les jeunes femmes sont plus nombreuses à fumer que les jeunes hommes et elles acceptent moins facilement de se passer de tabac qu'eux.
Les médecins recommandent aux femmes de cesser la cigarette avant ou à l'occasion de leur grossesse. Les médecins devraient désormais conseiller à toutes les femmes de fuir tout environnement enfumé car, il apparaît que le risque relatif de cancer du sein est augmenté de 30 %, chez une non-fumeuse en exposition au tabac, comparativement à une non-fumeuse non exposée au tabagisme passif3.
Devenue mère, il est essentiel pour une femme de ne plus du tout être confrontée à un environnement pollué par le tabac car, le fœtus est considéré en danger, que sa mère fume ou qu'elle subisse la fumée des autres. Dans les deux cas, les prélèvements sanguins du cordon ombilical, recueilli à l'accouchement, font apparaître des modifications génétiques4. Dans le cas de mère fumeuse surtout, le foetus se développe insuffisamment par manque d'oxygène5 Les enfants à naître ont moins de chances de survie, un poids plus léger à la naissance (jusqu'à - 20%), une réduction du périmètre crânien6 et une propension plus élevée pour les maladies, y compris le cancer7.
Après la naissance, dans le meilleur des cas la mère interdit de fumer dans le lieu d'habitation. Un kinésithérapeute du Nord de la France a remarqué que les mères avaient organisé un «fumoir» dans la cage d'escalier du HLM, évitant ainsi l'exposition à la fumée dans l'habitation!
Au niveau psychologique, le tabac est l'un des objets du marquage affectif. Le marquage affectif du nourrisson envers ses parents s'opère à travers ses cinq sens. L'enfant considère les "caractéristiques" de ses parents (intonation, langage, comportements physiques, odeur, sons émis) comme des référents qui l'accompagneront toute sa vie. Ces référents deviendront des critères de confort inconscients qui seront présents quotidiennement ou qui resurgiront en cas de détresse. Car, la mémoire du marquage affectif est imbriquée au plus profond de chacune des cellules humaines. Un parent qui, venant de fumer dans ou hors du lieu d'habitation, prend son enfant sur les genoux pour le cajoler, lui parler ou simplement être là, lui transmet l'information suivante : mon parent qui m'aime porte l'odeur du tabac. L'odeur du tabac devient une odeur apaisante, rassurante, chargée d'affects. Devenu adolescent ou adulte, lors d'une crise affective ou de positionnement social, cet ado/adulte cherchera à recréer les conditions de son enfance qui lui paraissaient idéales. Il fumera alors d'autant plus facilement.
Flore Coumau a mené une enquête sur le tabac auprès de 200 restaurateurs parisiens et sur le tabagisme passif depuis l'automne 2004. Elle est l'auteur du guide «150 tables parisiennes sans tabac: Pour apprécier les fumets sans fumée». Entre autre praticienne de shiatsu, elle est engagée dans la prévention et la préservation de la santé.
Site Internet : http://restosnonfumeur.free.fr
Protéger les non fumeurs du tabagisme passif relève-t-il de l'impossible en France?
Fin 2005, prenant en compte les méfaits notoires du tabagisme passif, plusieurs parlementaires ont déposé au sein de leur groupe politique à l'Assemblée ou au Sénat des propositions de loi en faveur de l'interdiction du tabac dans les lieux publics et notamment dans les restaurants. A juste titre car, le gouvernement est contraint par ses engagements: la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte anti-tabac, ratifiée par la France le 24 avril 2004, est devenue exécutoire le 27 février 2005 (Chaque pays signataire s'engage à lutter par tous les moyens contre le tabagisme passif).
A l'encontre, certains acteurs économiques, craignant une chute de leur chiffre d'affaires, ont mené un lobbying tenace auprès des parlementaires pour reporter une tel débat au-delà des élections présidentielles, arguant que les électeurs se vengeraient dans les urnes en 2007.
Ce lobbying repose sur deux principaux courants: